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Nos droits ne sont pas des privilèges

10 Sep 2026 | Publications toutes sections

L’Avantage en Nature Énergie est inscrit dans le Statut nation­al des IEG. Il fait par­tie du con­trat social des élec­triciens et gaziers et con­stitue un élé­ment de leur rémunéra­tion glob­ale. Depuis 2012, il est val­orisé comme avan­tage en nature et sup­porte coti­sa­tions sociales, CSG, CRDS et impôt sur le revenu.
La Cour des comptes con­sid­ère pour­tant qu’il « ne peut demeur­er en l’état » et pré­conise notam­ment de pla­fon­ner les con­som­ma­tions béné­fi­ciant du tarif, puis d’en réduire pro­gres­sive­ment l’avantage. Elle réclame par­al­lèle­ment une reval­ori­sa­tion impor­tante de sa base fis­cale et sociale.
Vous avez com­pris l’entourloupe ? On ne nous par­le pas immé­di­ate­ment de sup­pres­sion. On com­mence par expli­quer qu’il faut « mod­erniser », « pla­fon­ner », « mieux val­oris­er » ou « rap­procher du droit com­mun ». Mais au bout du bout, qui est-ce qui paient davan­tage ? C’est les agents des Indus­tries Elec­triques et Gaz­ières (IEG) !
Ce qui frappe dans le rap­port de la Cour, c’est la manière dont plusieurs garanties sont observées presque exclu­sive­ment sous l’angle de leur coût.

L’ancienneté pèse sur les enveloppes salar­i­ales, la grille salar­i­ale lim­ite l’individualisation. Les heures sup­plé­men­taires sont trop favor­ables par rap­port au droit com­mun, les comptes épargne-temps coû­tent cher et l’ANE est trop avan­tageux. Vous aurez com­pris, pour la Cour des Comptes, tout droit supérieur au min­i­mum devient sus­pect par déf­i­ni­tion.

A la CGT, nous refu­sons cette drôle de con­cep­tion du pro­grès social où l’objectif serait tou­jours de rap­procher ceux qui ont davan­tage de garanties de ceux qui en ont moins.
Per­son­ne n’améliorera la sit­u­a­tion des salariés hors IEG en dégradant celle d’un agent des IEG. Aucun usager ne ver­ra sa fac­ture d’électricité baiss­er parce qu’un agent d’Enedis, un cadre de GRDF ou un encad­rant d’une autre entre­prise de la Branche paie davan­tage son énergie.

Pourquoi le débat porte t‑il si facile­ment sur les droits des salariés ?
Pourquoi un mécan­isme de car­rière est-il immé­di­ate­ment analysé comme une charge, alors qu’il rémunère aus­si l’expérience acquise ?
Pourquoi une garantie statu­taire devrait-elle être jus­ti­fiée en per­ma­nence par son coût ?
Pourquoi deman­der tou­jours davan­tage d’individualisation des rémunéra­tions alors que les agents récla­ment juste­ment plus de trans­parence, de recon­nais­sance et d’égalité dans les déroule­ments de car­rière ?
Les agents de la Branche con­nais­sent bien ce vocab­u­laire, qui accom­pa­gne depuis longtemps les trans­for­ma­tions de nos entre­pris­es. Per­for­mance, com­péti­tiv­ité, opti­mi­sa­tion, maîtrise des coûts revi­en­nent sans cesse dans les dis­cours. Des mots très pro­pres pour une réal­ité par­fois moins élé­gante, où l’on demande tou­jours davan­tage aux agents tout en cher­chant à réduire ce qu’ils coû­tent.
L’enjeu devient encore plus sérieux lorsque la Cour rap­pelle que plusieurs mod­i­fi­ca­tions statu­taires peu­vent néces­siter l’intervention
du Gou­verne­ment.


La Direc­tion Générale de l’Energie et du Cli­mat est asso­ciée aux recom­man­da­tions por­tant sur l’ANE, la grille salar­i­ale et les heures sup­plé­men­taires. En gros, négoci­er d’abord et si ça ne fonc­tionne pas, on arbi­tre. Le fameux « dia­logue social » trou­ve alors une lim­ite assez com­mode, il est utile tant qu’il pro­duit le résul­tat atten­du par cer­tains.
Pour la CGT, accepter aujourd’hui la remise en cause de l’ANE ouvri­rait donc une brèche beau­coup plus large.
Après le tarif agent, pourquoi pas la grille ? Puis les règles sur le temps de tra­vail ? Puis d’autres garanties con­sid­érées, elles aus­si, comme trop favor­ables ?

Source : UFICT FNME-CGT

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